De La lune... et des hommes

   La pleine lune pousse-t-elle au crime ? Fait-elle germer les oignons ? Remplit-elle les maternités ?
   Depuis les temps les plus reculés, les hommes n’ont cessé d’attribuer à la Lune quantité de mythes, croyances et traditions. Malgré les progrès de la physique et de l’astronomie, la plupart des gens, quel que soit leur niveau d’instruction, croient encore aujourd’hui aux prétendus effets de la Lune sur notre comportement ou notre environnement.
   Un rappel des réalités scientifiques s’impose pour faire taire ces superstitions... et pour annoncer la venue d’une pleine lune exceptionnelle dans la nuit de Noël 2007 !

La lune a toujours eu une influence « magique » sur les hommes même si de nos jours, ses effets se sont quelque peu désacralisés. Ainsi, elle aurait une forte influence sur les naissances, sur notre comportement (violence, agressions, sommeil, suicides, etc...), sur les plantes et les animaux, sur la pousse des cheveux, des ongles, sur la décoloration des vêtements, voire sur les carrosseries des véhicules...

Il est clair que ce sont deux éléments caractéristiques - et bien réels - de notre satellite qui ont inspiré aux hommes ces croyances : son aspect changeant (les variations de phase et de position), et l’effet de marée qu’elle provoque. C’est pourquoi toutes les influences qui lui sont attribuées sont liées, d’une part, à l’apparition de la pleine lune ou de la nouvelle lune ainsi qu’aux périodes de lune montante ou descendante, et, d’autre part, au phénomène de marée « transposé » aux êtres et aux plantes.

Pour essayer de séparer le vrai du faux, nous proposons au lecteur la démarche scientifique : les lois de la physique et leurs vérifications expérimentales constituant les meilleurs remparts contre l'ignorance et l’obscurantisme !

Lune gibbeuse


1ère Partie : LA LUNE DES SCIENTIFIQUES


CARACTERISTIQUES ASTRONOMIQUES DE LA LUNE

Afin de bien comprendre les mouvements de la Lune, rappelons ses principales caractéristiques :

Mouvement orbital
La Lune tourne autour de la Terre à une distance moyenne de 384.400 km, sur une orbite elliptique dont l’excentricité est de 0,0549. Lorsque la Lune est au plus près de la Terre (périgée), la distance est de 356.410 km ; lorsqu’elle en est le plus loin (apogée), la distance est de 406.740 km. Le plan de l’orbite est incliné de 5° 9’ sur le plan de l’écliptique (fig. 1). Le nœud ascendant est le point où l’orbite lunaire coupe l’écliptique dans le sens S. - N. Le nœud descendant est le point d’intersection N. - S.

Orbite lunaire

Il existe plusieurs définitions des périodes de révolutions de la Lune, ou mois lunaires (fig. 2). Nous retiendrons :

- la révolution synodique de 29,5 jours qui est l’intervalle de temps entre deux nouvelles lunes (ou deux pleines lunes),

- la révolution sidérale de 27j 7h 43mn qui correspond à l’intervalle de temps entre deux passages consécutifs de la Lune par le cercle horaire d’une même étoile. Comme on peut le voir sur la figure 2, la plus longue durée synodique par rapport à la révolution sidérale est due au mouvement de la Terre sur son orbite autour du Soleil,

- la révolution draconitique de 27j 5h 5mn qui est l’intervalle de temps qui sépare deux passages de la Lune au nœud ascendant de son orbite. La durée draconitique plus courte s’explique par le mouvement rétrograde de la ligne des nœuds d’environ 20° par an en sens inverse de la révolution lunaire (soit un tour complet en 18,6 ans).

     Les éclipses de Lune et de Soleil se produisent à la double condition que la lune soit au voisinage d’un nœud et que la ligne des nœuds soit dirigée vers le soleil , ce qui arrive environ tous les 6 mois. Du fait de la rétrogradation, la période des éclipses a lieu chaque année 8 à 11 jours plus tôt que l’année précédente :

Année

Dates des éclipses

2006

2006 Mar 14: Penumbral Lunar Eclipse

2006 Mar 29: Total Solar Eclipse

2006 Sep 07: Partial Lunar Eclipse

2006 Sep 22: Annular Solar Eclipse

2007

2007 Mar 03: Total Lunar Eclipse

2007 Mar 19: Partial Solar Eclipse

2007 Aug 28: Total Lunar Eclipse

2007 Sep 11: Partial Solar Eclipse

Tableau 1 : Les dates des éclipses suivent la rétrogradation de la ligne des nœuds


Mouvement propre

La rotation de La Lune sur elle-même a une durée identique à celle de sa révolution autour de la Terre. La Lune présente ainsi toujours la même face vers la Terre. Cependant les phénomènes de libration permettent à l’observateur terrestre de connaître plus de 50% de la surface lunaire.

La vitesse de rotation de la Lune étant constante, alors que la vitesse de révolution varie entre le périgée (vitesse maximale) et l'apogée (vitesse minimale), la rotation est alternativement en avance et en retard sur la révolution : en un mois, le globe lunaire tourne une fois vers l'est et une fois vers l'ouest de 7° 53'. C'est la libration en longitude.

D'autre part, l'équateur lunaire forme avec le plan de l'orbite lunaire un angle de 6° 40’. Il en résulte une libration en latitude qui dégage tantôt un peu plus de la zone polaire nord, tantôt un peu plus de la zone polaire sud.

Enfin, par suite d'un effet provenant de la rotation terrestre, il existe une libration diurne (on n'observe pas au coucher de la Lune la même surface lunaire qu'au lever), mais qui n'excède pas 1°.

Ces librations permettent de connaître 59% de la surface lunaire.

On peut mentionner qu'il existe aussi une libration physique provoquée par une oscillation de la Lune par rapport à sa position d'équilibre.

Autres mouvements

Pour décrire plus précisément les mouvements lunaires (le lecteur peut sauter ce paragraphe), on peut encore citer d’autres variations périodiques affectant la trajectoire de la Lune :

- variation de l'excentricité de l'ellipse de la Lune, sur une période de 421 jours, entre 0,044 et 0,067 environ. Dans le même temps, le grand axe de l'orbite lunaire oscille lui aussi (amplitude maximale d'une douzaine de degrés).

- rotation du demi grand axe dans le plan de la trajectoire de la Lune, de période 8,85 années

- variation périodique de l'inclinaison du plan de l'orbite de la Lune par rapport au plan de l'écliptique, qui varie entre 5° et 5°18' en 173 jours

De plus, la Lune s'éloigne petit à petit de la Terre, de quelques centimètres par an (4,4 ± 0,6 cm/an).

On voit, pour conclure, que les données sur la position exacte de la Lune sur son orbite ne peuvent pas être déterminées facilement à moins d'être des valeurs moyennes ou des valeurs correspondant à une date précise (auquel cas les astronomes peuvent obtenir une bien meilleure précision).

La Lune, si près de nous, est un astre dont le calcul de la trajectoire précise est toujours un défi...

Forces de gravitation et de marée

Le tableau 2 ci-dessous présente les effets comparatifs des forces de gravitation et de marée exercées sur un être humain par la Lune, le Soleil, et les planètes proches. Pour chaque astre, les valeurs sont calculées à partir de sa masse (M) et de sa distance à la Terre (d), sachant que :
- la force gravitationnelle est proportionnelle à M/d2,
- la force de marée est proportionnelle à M/d3

Tableau 2        [source : observatoire de Paris http://www.obspm.fr/savoirs/contrib/contrib.fr]
Un complément pour des objets terrestres est donné dans la deuxième partie (cf. Tableau 3 )

D’après ces calculs, on constate que l’intensité de la force de gravitation exercée par le Soleil à la surface de la Terre est 200 fois plus grande que celle exercée par la lune, la force de marée étant quant à elle de moitié. L’influence des planètes reste très négligeable dans tous les cas.

Comme nous le verrons par la suite, ces valeurs sont importantes. Les forces gravitationnelles ou de marée peuvent-elles expliquer certaines « influences » de la Lune sur les êtres et les végétaux ?

Les phases de la Lune

On appelle ainsi l’aspect qu’elle présente à l’observateur en raison de la variation constante de sa position vis à vis de la Terre et du Soleil : La séparation entre la partie éclairée et la partie dans l’ombre s’appelle le terminateur (c’est la zone où le soleil est rasant à la surface de la Lune, la plus intéressante à observer aux instruments). On distingue 4 phases principales :

- la nouvelle lune (elle passe devant le Soleil), âge = 0
- le premier quartier (ou demi-lune croissante), âge = 7 jours
- la pleine lune (elle passe à l’opposé du Soleil), âge = 14 à 15 jours
- le dernier quartier (ou demi-lune décroissante), âge = 22 jours.

Lune montante, lune descendante

Comme nous l’avons vu figure 1, le plan de l'orbite de la Lune est incliné de 5° 9' sur le plan de l'écliptique. En conséquence, pendant sa révolution sidérale (environ 27,3 jours), la Lune passe alternativement d'un côté à l'autre du plan de l'écliptique en franchissant les nœuds, d'où les expressions lune ascendante (ou montante) et lune descendante.

   A l’observation, on peut repérer si la Lune « monte » ou « descend » en comparant sa hauteur par rapport à l’horizon lors de deux passages successifs au méridien (attention !, si le passage au méridien le premier jour a lieu à l’heure h, le passage le jour suivant aura lieu à h+1, car la Lune, vue depuis la Terre, progresse sur son orbite en 1 jour d’un angle d’environ 15° vers l’Est). 

   Il faut encore tenir compte de la hauteur de l’écliptique au dessus de l’horizon qui varie constamment du fait des mouvements diurne et annuel de la Terre. De ce fait, une lune ascendante peut culminer à une hauteur plus basse que la position la plus basse d’une lune descendante et vice-versa !

   A partir de ces éléments, deux remarques importantes s’imposent :

1) Il n’y a pas de lien entre l’âge de la Lune et sa hauteur :

   Suivant la direction de la ligne des nœuds, la lune croissante peut être descendante, et la lune décroissante peut être ascendante. Les confusions entre ces différentes notions sont très fréquentes (un exemple dans l'encadré ci-contre). Comme elles sont à l’origine de nombreuses croyances populaires, on peut douter du sérieux des explications sur lesquelles ces croyances sont censées s’appuyer !

Vu sur http://perso.orange.fr/scanice, site de la Société Centrale d'Agriculture et d'Horticulture de Nice

- Question 186 : Un ami m'a dit que la taille des mûriers platanes doit se faire suivant une période bien particulière, en faisant attention au moment de la lune. Il m'a dit qu'en fonction de ce moment les branches poussent soit à la verticale ou sinon s'étalent presque à l'horizontale. Avez vous connaissance de ce phénomène ? Si oui à quel moment de la lune faut-il tailler ?

- Réponse : Il est évident que l’influence lunaire peut jouer un rôle dans la pousse ou la repousse des végétaux après la taille. D’après mes renseignements, l’attraction lunaire se fait plus sensible et plus importante en lune montante (jeune lune jusqu’à la pleine lune) qu’en lune descendante (de la pleine lune à la nouvelle lune). A vous de choisir ces périodes afin d’opérer en fonction du résultat désiré.

   2) Il existe des nuits de pleine lune exceptionnelles :

     En effet, la Lune s’écarte de + ou -5 °de l’écliptique chaque mois lunaire tandis que l’écliptique passe par un minimum et un maximum de hauteur chaque six mois terrestres. Si on examine aux dates de pleine lune, lors du passage de la Lune au méridien, sa distance mesurée en degrés par rapport à l’écliptique, on constate que certaines années, il y a coïncidence entre le maximum de hauteur de l’écliptique (qui a lieu en décembre-janvier) et la hauteur maximale de la Lune au dessus de l’écliptique. De même, il y a certaines années coïncidence entre le minimum de hauteur de l’écliptique (en juin-juillet) et la position la plus basse de la lune en dessous de l’écliptique (figure 3 ci-dessous). Ces coïncidences ont lieu tous les 19 ans environ.

Fig. 3 : Ce graphique donne pour Aix-en-Provence (lat. 43,5° nord) la hauteur au dessus de l’horizon de la pleine lune lorsqu’elle culmine au méridien. Cette hauteur est la somme de la distance Lune-écliptique (courbe 1 de période 11,33 mois) et de la hauteur de l’écliptique (courbe 2 de période 12 mois). Quand les maximums coïncident, la pleine lune culmine à 75°, quand ce sont les minimums, elle ne culmine qu’à 18°. Ces coïncidences se reproduisent suivant un cycle d’environ 19 ans.

     A une latitude voisine de 43°, la pleine lune peut franchir le méridien à une hauteur comprise entre 17° et 75°, une amplitude inhabituelle pour l’observateur (si on compare au soleil qui franchit le méridien entre 23° l’hiver et 70° l’été).
    
Les dernières pleines lunes exceptionnellement hautes et basses ont eu lieu en juin et décembre 2005 (cf. photos) et se reproduiront à partir de 2024, mais il sera encore possible d’admirer des pleines lunes « hautes » et « basses » (culminant à plus de 74° ou moins de 18°) en 2007. En particulier, la veille de Noël 2007 sera particulièrement impressionnante avec une pleine lune « haute » le 24 décembre à 1h33 (heure légale). Le disque lunaire très lumineux culminera à près de 75° de hauteur, donnant l’illusion à l’observateur qu’on a accroché un globe lumineux au Zénith !

     Ces deux photographies ont été prises à Aix lors des nuits de pleine lune de juin et de décembre 2005, depuis le haut de la rue Jacques de la Roque, en direction du sud. En juin, la lune culminait à peine à 18°. Alors qu’en décembre, il a fallu pointer l’objectif presque à la verticale pour faire entrer dans le champ la pleine lune culminant à plus de 75°.
     Une pleine lune presque aussi « zénithale » sera visible la veille de Noël 2007. Un spectacle inhabituel à ne pas manquer (bien se couvrir) !

 


2ème Partie : LA LUNE ET LES SUPERSTITIONS

   « Les marins normands, le croirait-on jamais ! attribuent à une influence lunaire le phénomène des marées… J'ai essayé de combattre cette bizarre superstition, mais rien n'y fait. D'après eux, c'est la lune qui régit la marée. Cette croyance est, parait-il, commune à beaucoup de gens de mer. »

Alphonse Allais

CROYANCES LIEES AUX FORCES DE MAREE

     L’influence (bien réelle, quoi qu’en dise Alphonse Allais !) de la lune sur le phénomène des marées est souvent utilisée pour tenter d’expliquer certaines influences sur les êtres humains et les végétaux, « du fait qu’ils contiennent jusqu’à 80% d’eau ». Or, c'est faire abstraction de l'échelle des choses. L'effet des marées est la conséquence de la force gravitationnelle lunaire mais celle-ci produit ses effets sur Terre uniquement sur des objets dont la masse est très importante comme les océans ou la croûte terrestre, alors que cette force gravitationnelle lunaire est nulle sur des objets aussi minuscules que peuvent l'être les êtres humains ou les animaux. On peut d'ailleurs constater que les mers fermées (donc plus petites que les grands océans) n'ont pas de marées (ou insignifiantes) malgré leur surface et leur masse autrement plus importantes que celles d'un individu. Pour fixer les idées, complétons les données du Tableau 2 par des éléments plus « terrestres » :

     Les calculs (cf. Tableau 3) montrent que la montagne, la Tour Eiffel et le médecin exercent une force de marée sur l’être humain respectivement 100 000, 1600 et 80 000 fois plus importante que la Lune !

 Tableau 3  (complétant le Tableau 2 )                                 [source : http://charlatans.free.fr]

     Ceci est évidemment tout aussi vrai pour les animaux ou pour les plantes (on remplacera le médecin par un vétérinaire ou un agriculteur !).

     A partir de là, on peut comprendre que les pseudo-théories qui associent présence d’eau dans les corps (ou de sève dans les végétaux) et position de la lune ne peuvent être que fantaisistes.


LA LUNE ET LES NAISSANCES

     D'aucuns affirment que la Lune agirait sur le liquide amniotique de la mère, provoquant la perte des eaux et l'accouchement. Ce serait pour cette raison que l'on assiste à un plus grand nombre de naissances au moment des changements de phase lunaire...

     Or, cette dernière affirmation est totalement fausse ! Toutes les enquêtes statistiques sérieuses faites dans les maternités prouvent sans équivoque qu’il n’y a pas plus de naissances les jours de pleine lune ou de nouvelle lune que n’importe quel autre jour du mois (enquête Criss et Marcum réalisée sur 140.000 naissances à New York, 1968 ; enquête de Guillon, Lanzac et Soutoul portant sur 5.927.978 naissances en France entre 1968 et 1974).

     Une explication fausse (l’effet de marée) pour un phénomène inexistant (pic de naissances aux changements de phase lunaire), ne serait-ce pas là le comble de l’absurde ?!!


LA LUNE ET LES JARDINIERS

     Les plantes étant essentiellement composées d'eau, l'attraction lunaire aurait le pouvoir de faire monter la sève et aider la pousse. Mais qu'en est-il de l'attraction terrestre autrement plus importante qui devrait les plaquer au sol ? A-t-on déjà remarqué un verre d'eau ou une piscine se mettant à déborder les soirs de pleine lune ?

     Voici ce qu'on peut trouver dans un hebdomadaire de jardinage :

     "Semer en lune montante favorise l'ascension de la sève dans la partie aérienne des plantes, pour que les graines germent et se développent. Durant cette phase lunaire, travaillez le sol qui doit accueillir les futurs semis, parce qu'il est alors plus réceptif aux influences du ciel."

   Outre le fait qu'il est assez cocasse de constater le rapport qui est fait entre lune "montante" et "ascension" de la sève, tous deux faisant référence au verbe "monter", on observe à nouveau la confusion entre lune montante et phase. Par ailleurs, par rapport à la Terre, la Lune ni ne monte ni ne descend, elle tourne autour tout simplement !

     Les notions d’effet de marée ou de Lune montante et descendante ne présentent donc aucun intérêt, que ce soit pour le jardinage, l'émondage ou... la coupe des cheveux. Cela n’empêche pas que de nombreuses revues de jardinage, ou almanachs « bio-dynamiques », proposent des règles à respecter pour "bien jardiner avec la lune". Le problème, c’est qu’en les examinant de près, ces règles se contredisent, et varient d'une région à l'autre. Elles résultent d'observations hâtivement généralisées, mais jamais sérieusement avérées.
    
D’aucuns, convaincus de la pertinence de la bio-dynamique lunaire objecteront :
    « Mais enfin, pourquoi diable remettre en cause ces pratiques traditionnelles alors qu’elles sont issues d’une expérience multimillénaire en jardinage ? ».
    La réponse, c’est que la tradition, même millénaire, ne saurait remplacer la méthodologie scientifique. Les expériences en laboratoire dans des conditions rigoureusement contrôlées ne valident pas ces pratiques, et,   jusqu'à présent, la science agronomique n'en a homologué aucune.

Des « conseillers » en jardinage jamais à court d’imagination.
Voici ce qu’on peut lire sur le site d’une grande surface en Bricolage-jardinerie :

Apogée, périgée, nœuds lunaires… 4 jours de repos !

Le calendrier lunaire compte environ 4 jours par mois, particulièrement défavorables à toute intervention sur les plantes :

Un jour par mois, quand la lune est au plus près de la terre (en périgée), elle apparaît très grosse dans le ciel et son attraction est très importante.

En apogée, elle est au plus loin de nous.

Deux jours par mois (nœuds lunaires), la lune coupe le plan de rotation de la terre autour du soleil.

Durant ces quatre jours, la nature est " mal lunée "… Les semences germent mal et l'on peut observer des troubles de croissance des végétaux.

Mieux vaut alors vous reposer !

   Ajoutons, pour clore ce chapitre que dès la fin du XVIIe siècle, Jean-Baptiste La Quintinie (1626-1688), jardinier de Louis XIV et directeur de tous les jardins fruitiers et potagers royaux, met en évidence l'absence d'influence de la Lune sur la croissance des végétaux (Instructions pour les jardins fruitiers et potagers, 1690).


CROYANCES LIEES A L'ASPECT DU DISQUE LUNAIRE

    Pleine lune et nouvelle lune seraient responsables de diverses influences sur notre comportement : insomnies, suicides, accidents, urgences psychiatriques, homicides…

    Comme pour les naissances (cf. plus haut), des études ont montré qu’il n’existe pas de corrélation entre la phase de la lune et le nombre de cas relevés dans les hôpitaux et dans les commissariats. En particulier, Ivan Kelly, James Rotton et Roger Culver  ont mené sur ce sujet plus de 100 analyses statistiques confirmant toutes cette non corrélation : selon les auteurs, "Les phases de la lune ne représenteraient pas plus de trois centièmes de 1% de la variabilité des comportements analysés, un chiffre trop minime pour être d'une valeur ou d'une signification réelles."

Autre croyance attachée à la pleine lune : elle décolorerait les vêtements laissés sur le fil à linge une nuit bien éclairée, ou même les carrosseries de véhicules. Si l’on sait que par sa phase visible, la Lune ne réfléchit au mieux que 8,3 % de la lumière qu'elle reçoit du Soleil, c’est bien peu face à la capacité de nuire du rayonnement ultraviolet du Soleil en pleine journée. Ainsi, les décolorations du linge seront plus le fait du soleil, ou des multiples passages en machine à laver, que de la lune !



LUNE ET METEOROLOGIE

Là encore, les suites d'observations, enregistrées depuis plus d'un siècle, jour après jour, par les différents services météorologiques, n'ont pas permis d'établir un lien entre la phase de la Lune et les phénomènes météorologiques. D'ailleurs, la date de nouvelle lune ou de pleine lune est identique pour la Terre entière, tandis qu'une dépression peut mettre cinq jours pour se déplacer du Nord de l'Écosse jusqu'au fond de la Baltique, entraînant des variations diverses sur toute l’Europe… mais pas forcément en Australie !

Le biais de confirmation

Bien que l’analyse statistique prouve le contraire, la plupart des personnes travaillant dans une maternité ou un commissariat de police restent persuadées que l’activité est plus intense les nuits de pleine lune. Il s’agit là de ce que les psychologues nomment biais de confirmation : chacun a tendance à noter et à rechercher ce qui confirme ses croyances, et à ignorer, ou sous-estimer l'importance de ce qui les contredit.

Si quelqu'un croit qu’il y a plus d'accidents les jours de pleine lune, il remarquera les accidents qui se passent ce jour-là, mais fera moins attention à ceux qui arrivent à d'autres périodes du mois.

Les scientifiques doivent rester vigilants sur cette tendance, en s'efforçant de tenir compte dans leurs recherches des données susceptibles de contredire leurs hypothèses.

CONCLUSION

   On peut comprendre que de nombreuses croyances populaires aient été attachées à notre satellite dans les temps anciens car ce globe mobile, lumineux et changeant provoque les questionnements et les imaginations. Cependant, aujourd’hui, les progrès de la science et les études statistiques prouvent que ces croyances, bien que profondément ancrées dans nos traditions ancestrales, ne sont jamais justifiées…

Et même si la Lune perd un peu de son mystère, sa beauté n’en est nullement altérée.
Elle continuera à inspirer les poètes, les amoureux et les astronomes !


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